France: Elisabeth Borne nommée Première ministre

Après la démission ce lundi de Jean Castex, c’est la ministre du Travail Elisabeth Borne qui a été nommée Première ministre. C’est la deuxième femme à occuper ce poste après Edith Cresson, il y a trente ans.
16 mai 2022, 18:23
La ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion succèdera à Jean Castex.

Elisabeth Borne a été nommée lundi Première ministre par Emmanuel Macron, deux heures après la démission de Jean Castex. L’ancien et la nouvelle cheffe du gouvernement doivent procéder à une passation de pouvoir en début de soirée à Matignon.


Celle qui était jusqu’alors ministre du Travail, après avoir occupé les portefeuilles des Transports et de la Transition écologique depuis 2017, est la première femme nommée à Matignon depuis la démission d’Edith Cresson en 1992, la deuxième de la Ve République.


Cette ingénieure, née le 18 avril 1961 à Paris, diplômée de l’Ecole nationale des Ponts et chaussées et de Polytechnique, haute fonctionnaire, se définit elle-même comme «une femme de gauche» avec «la justice sociale et l’égalité des chances» au coeur de ses combats.

En guise de félicitations, le chef des Insoumis Jean-Luc Mélenchon a taclé Elisabeth Borne sur Twitter:


«Madame Borne représente tout ce qui n’a pas marché au cours des 20 dernières années», a-t-il continué lors d’une prise de parole. «Madame Borne serait une femme de gauche – nous lui accordons pas ce label.»

Réforme de l’assurance chômage

A son arrivée au ministère du Travail en juillet 2020, déjà en pleine crise sanitaire liée au Covid-19, elle a notamment dû gérer le très contesté dossier de la réforme de l’assurance chômage, dénoncée unanimement par les syndicats. Présentée en mars 2021 dans une version «adaptée» à la crise, elle est pleinement entrée en vigueur en décembre, après avoir été un temps suspendue.

A son actif également, le plan «Un jeune, une solution» présenté dès juillet 2020 qui a mobilisé une palette de dispositifs pour l’emploi, dont des aides massives à l’apprentissage, pour éviter une «génération sacrifiée». Elle avait aussi hérité de l’explosif dossier des retraites, même s’il avait été remisé.

Cette sexagénaire toujours tirée à quatre épingles, souvent une cigarette électronique à la main – y compris discrètement dans l’hémicycle des assemblées -, est réputée bien connaître ses dossiers.

Réforme de la SNCF

Avant d’arriver rue de Grenelle, Mme Borne avait d’abord géré le portefeuille des Transports dans les gouvernements d’Edouard Philippe. Durant ces deux années à ce poste, elle avait gagné une assise certaine en menant à son terme l’une des réformes emblématiques du quinquennat, celle de la SNCF, et en portant la loi touffue sur les mobilités (LOM).

Elle avait ensuite remplacé François de Rugy comme ministre de la Transition écologique et solidaire lors d’un remaniement en juillet 2019.

Présidente de la RATP

Elisabeth Borne avait déjà fait un passage en 2014 comme directrice de cabinet de la ministre de l’Environnement Ségolène Royal. L’année précédente, en 2013, elle avait été préfète de la région Poitou-Charentes, présidée alors par Mme Royal.

Dès 2015, Mme Borne avait toutefois été nommée présidente de la RATP, grande entreprise publique de transports, quelques années après avoir été directrice de la stratégie de la SNCF, au début des années 2000.

La bosse des maths

Très discrète sur sa vie privée, ayant perdu son père «très jeune» avec une mère qui n’«avait pas vraiment de revenus», elle a été pupille de la Nation, confiant avoir trouvé dans les maths «quelque chose d’assez rassurant, d’assez rationnel».

Divorcée et mère d’un enfant, elle a par ailleurs indiqué que la communauté juive était «la sienne», lors d’un entretien sur Radio J en juin 2021.

Elisabeth Borne est la quatrième cheffe du gouvernement sous la Ve République à n’avoir jamais brigué un mandat au suffrage universel, après Georges Pompidou, Raymond Barre et Dominique de Villepin.

par Keystone - ATS